Corée du Nord : Quand les menacés deviennent les menaçants

Par Nicolas K.

Ces dernières semaines, les médias, s’alignant sur les positions américaines, nous répètent que la Corée du Nord souhaite envoyer des missiles sur les Etats-Unis et déclencher une guerre dans la péninsule coréenne. De plus, les Etats-Unis, la France et les pays occidentaux continuent de dénoncer la « menace nucléaire» nord-coréenne.

Il convient de rappeler que la République Démocratique Populaire de Corée est un pays pacifique, ne représentant aucune menace pour la paix mondiale et n’ayant jamais fait la guerre dans un pays étranger, alors que les Etats-Unis disposent de plus de 30.000 soldats stationnés en permanence en Corée du Sud, ainsi que de différentes armes prêtes à l’emploi. Les Etats-Unis organisent également chaque année avec la Corée du Sud des exercices militaires grandeurs natures, qui sont de véritables simulations d’attaques de masse de la RDPC. Ces manœuvres annuelles ont par ailleurs un impact très négatif sur l’économie de la Corée du Nord. Des millions de dollars sont dépensés chaque année par les Etats-Unis pour l’entretien et le développement de ce dispositif militaire en Corée du Sud et ce budget est en constante augmentation. Plus récemment Donald Trump a annoncé que des frappes, potentiellement nucléaires, contre la RPDC étaient envisageables et qu’un sous-marin américain était en mouvement vers la péninsule. Les déclarations belliqueuses des États-Unis constituent une grave menace pour la paix dans la région.

Les Coréens n’oublient pas la guerre de Corée, il y a 67 ans, qui a fait plus d’un million de morts, et où les Etats-Unis et leurs alliés de l’OTAN et de Corée du Sud ont utilisé des armes chimiques, ainsi que du napalm, le plus souvent et de manière délibérée sur des populations civiles. Il y a eu plus de bombardements américains pendant la Guerre de Corée que dans toutes les batailles du Pacifique contre le Japon impérial durant la Seconde Guerre Mondiale. Des villes entières, des routes, des usines ont été détruites et de nombreux crimes de guerre ont été commis mais n’ont jamais été condamnés par la communauté internationale. A l’époque certains généraux américains étaient même partisans de l’utilisation de l’arme nucléaire en Corée, quelques années après avoir ciblé Hiroshima et Nagazaki au Japon où des centaines de milliers de civils innocents sont morts.

La position de la RPDC à l’ONU est claire depuis de nombreuses années : elle était prête à arrêter son programme nucléaire et à retrouver le chemin vers la paix s’il y avait un désarmement nucléaire de toutes les puissances qui ont la bombe ainsi qu’un arrêt des exercices militaires conjoints entre les Etats-Unis et la Corée du Sud. De nombreuses démarches pour la paix et la réunification du pays avaient même étaient engagées entre le Sud et le Nord dans les années 2000. Néanmoins, face à la politique impérialiste des Etats-Unis dans le monde, accentuée ces dernières années, et face à son refus de respecter ces conditions, la République Démocratique Populaire de Corée a été contrainte à se replier sur elle même. Elle a été contrainte aussi de poursuivre son programme nucléaire qui bien que critiquable lui assure une dissuasion crédible lui évitant de connaître le même sort impérialiste que les Etats-Unis ont réservé à l’Irak ou la Lybie. Mais aujourd’hui on nous fait croire que ce sont eux qui représentent une menace pour la paix !

NON, à l’impérialisme ! NON, à l’arrogance de Donald Trump qui met en péril la paix en Corée et dans le monde !

OUI au désarmement nucléaire unilatéral et à l’arrêt des exercices militaires conjoints entre les Etats-Unis et la Corée du Sud !

Fin Article

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Coopératives ouvrières et autogestion

Article original : https://roarmag.org/magazine/workers-control-in-the-crisis-of-capitalism/

Traduit par Alain T.

Par Dario Azzellini

En février 2016, une douzaine d’anciens ouvriers d’une petite menuiserie de la petite ville Grec de Patrida, à quelques 60 kilomètres de Thessalonique, en on eut assez. Depuis 2008, ils se faisaient arnaquer par les patrons. Avec la promesse de tout rembourser bientôt, les patrons ne payèrent plus l’intégralité des salaires, réduisirent les heures de travail et annoncèrent la faillite sans la rendre officielle. Mais la situation ne s’améliora jamais et les ouvriers ne virent jamais leur argent. Enfin, en décembre 2015, l’usine ferma. A l’heure actuelle, les dettes accumulées par l’entreprise en termes de salaires impayés tournent autour de 700 000 euros.

Les ouvriers ne croient pas voir un jour la couleur de tout cet argent. Au lieu de ça, ils décidèrent de reprendre l’usine et la faire fonctionner sous le contrôle des travailleurs. Ils contactèrent les ouvriers de l’usine réappropriée de Vio.Me à Thessalonique pour leur demander leur soutien. Les ouvriers de Vio.Me vinrent et aidèrent à construire la lutte et relancer la production dès que possible. Ils veulent reconvertir la production pour produire des bancs et des stands  pour les marchés et les kiosques  – des produits dont les gens ordinaires et leurs communautés ont besoin. Les ouvriers sont maintenant en lien avec des coopératives et des collectifs partout en Grèce, et prennent part aux mobilisations ainsi qu’à leur organisation.

UN PHÉNOMÈNE RÉPANDU

Ce que font les ouvriers de Patrida, des milliers d’ouvriers l’ont fait ces dernières années, depuis la crise capitaliste dans le monde entier. Les réappropriations de lieux de travail sont devenues plus visibles et connues en Argentine face à la crise de 2001 et 2002, quand elles devinrent un phénomène répandu. Au début de l’année 2016, il y avait environ 360 entreprises reprises par les travailleurs en Argentine, impliquant quelques 15 000 ouvriers ; au moins 78 entreprises ouvrières emploient 12 000 personnes au Brésil et presque une vingtaine en Uruguay. Au Venezuela, il y a plusieurs dizaines d’entreprises reprises par les travailleurs, dont certaines gérées à la fois par les ouvriers et les communautés, et quelques unes ont émergées au Mexique, en Inde et en Indonésie. Tout au long de la crise contemporaine, quelques 60 lieux de travail ont été repris en Argentine, une vingtaine au Venezuela, et quelques unes en Italie, en France, en Grèce, en Bosnie, en Croatie, aux États-Unis, en Égypte, en Turquie et en Tunisie.

azzelini-small-photoLes occupations de lieux de travail, les reprises d’entreprises et les luttes pour un contrôle par les travailleurs ne sont pas des phénomènes nouveaux. Les initiatives ouvrières pour le contrôle de leur entreprise sont historiquement apparues durant des situations de crises économiques, politiques ou sociales, durant des révolutions socialistes, nationalistes ou démocratiques; sous un socialisme proclamé par le gouvernement ou dans un contexte capitaliste, dans des périodes de production record et dans des phases de restructuration ou de déclin. Tout au long de l’histoire et partout dans le monde, sous chaque forme de gouvernement et de système politique, les travailleurs ont lutté pour prendre part au processus de décision au travail, et ont tenté de développer des formes de co-gestion et d’auto-gestion, ou de contrôle par les travailleurs.

Même sans expérience précédente dans la création de conseils ouvriers, l’administration collective ( que ce soit par assemblées ou par d’autres mécanismes de démocratie directe et de relations horizontales) est souvent revenue comme une tendance inhérente de la base ouvrière. Et les travailleurs ont prouvés qu’ils peuvent gérer des usines sous leur propre contrôle dans la plupart des industries, dont la métallurgie, le textile, la céramique, la préparation des aliments, le plastique et le caoutchouc, les imprimeries et autres; ainsi que dans le secteur tertiaire, avec des cliniques, des établissements d’enseignement, des médias, des hôtels et des restaurants.

UNE EXPÉRIENCE LIBÉRATRICE

Ce qui émerge clairement de l’héritage du contrôle par les travailleurs, que ce soit historiquement ou à l’heure actuelle, c’est son aspect libérateur en prenant une situation d’aliénation capitaliste et de contrôle autoritaire pour en faire un lieu de pratiques démocratiques. Les travailleurs en Argentine et en France font peut-être face à des conditions différentes, mais l’essence de leur lutte reste la même : s’opposer au processus capitaliste de la production, c’est à dire le fondement de toute société contemporaine, et construire, par des conseils et l’auto-gestion, des éléments d’une future société sans classe.

A partir de là, il est important de souligner que cet effort est entrepris par des travailleurs et communautés ordinaires, comme l’indique chercheur argentin Andrés Ruggeri :

Dans une entreprise reprise par les ouvriers se trouvent tous les travailleurs qui y étaient déjà. Ceci inclue tout le monde depuis “l’avant-gardiste de gauche” [sic] convaincu d’affronter directement le capital jusqu’à celui ou celle qui votait hier pour la première fois, ou qui était le meilleur ami de l’employeur. La conclusion est que l’autogestion n’a pas besoin d’avant-garde : tout le monde peut participer à un processus d’autogestion.

Comme Jeremy Becher le soulignait dans un article de 1973 :

Les conseils ouvriers ne possèdent pas de qualités secrètes les rendant formellement révolutionnaires. Ils ont, en revanche, plusieurs caractéristiques qui les différencient des syndicats. D’abord, ils se basent sur le pouvoir de travailleurs qui sont ensemble tous les jours et qui exercent un pouvoir continu sur la production. En suite, ils sont directement contrôlés par les travailleurs eux-mêmes, ces derniers pouvant révoquer leurs délégués à n’importe quel moment. Enfin, ils s’alignent à l’organisation déjà existante de la classe ouvrière en production plutôt que la diviser selon des lignes qui deviennent vite obsolètes, comme cela s’est produit à maintes reprises dans l’histoire du syndicalisme.

Des travailleurs prenant le contrôle d’un lieu de travail, ou bien luttant pour un contrôle ouvrier se trouvent souvent à faire face non seulement aux entrepreneurs privés, aux structures capitalistes et aux administrations des entreprises, mais aussi aux secteurs syndicaux et aux institutions gouvernementales. Presque toutes les expériences historiques de contrôle ouvrier se sont inévitablement confrontées aux partis politiques, aux syndicats et aux bureaucraties d’état, que ce soit durant la Révolution Russe, en Italie dans les années 70, en Pologne dans les années 50 et 80 ou de nos jours en Argentine, au Venezuela, en Grèce ou en Inde, pour ne donner que quelques exemples. D’un autre côté, ils ont souvent le soutient des communautés locales, de structures de solidarité et d’autres lieux de travail contrôlés par les travailleurs.

Les lieux de travail contrôlés par les ouvriers fonctionnent différemment d’une entreprise capitaliste : les relations sociales changent, le processus de travail change, et souvent les produits eux-même changent. Néanmoins, la pression du marché capitaliste est immense et souvent, les travailleurs doivent se compromettre d’une manière ou d’une autre puisqu’ils ne peuvent pas éviter complètement d’avoir affaire au marché.
Bien qu’il n’y ai aucun doute sur le fait que les interactions inévitables avec environnement capitaliste aient provoqué de sévères contradictions et des complications pour les entreprises  auto-gérées et soient souvent une source de conflits internes, ces dernières ont aussi prouvé qu’elles sont plus durables que de nombreuses entreprises capitalistes traditionnelles. Dans le cas de l’Argentine, sur les 205 entreprises auto-gérées étudiées en 2010, seul six d’entre elles avaient fermé leurs portes fin 2013, tandis que 63 nouvelles entreprises reprises par les travailleurs avaient été créées. Et elles ont non seulement survécu économiquement, mais elles ont aussi pu continuer d’appliquer leur orientation politique de processus décisionnel démocratique et d’égalité entre les travailleurs.

UN SYSTÈME DE VALEURS ALTERNATIF

Les lieux de travail sous contrôle ouvrier ne suivent pas un rationalisme capitaliste interne. Au lieu de cela, ils produisent et essaient d’appliquer leurs propres valeurs autant que possible. Ils le font même en sachant très bien que ces valeurs ne correspondent pas à une logique entrepreneuriale stricte, comme Ernesto, de l’imprimerie auto-gérée Chilavert à Buenos Aires le constate :

Nous sentons aussi la pression ici – nous vivons de notre labeur et devons le faire, ainsi, chaque heure de travail que nous décidons d’utiliser pour militer sur telle ou telle question sociale est perdue d’un point de vue capitaliste ; c’est de l’argent perdu puisqu’on ne l’a pas gagné. C’est ce qu’on nous apprend quand on est petit, c’est ce que tout le monde nous dit. Il y a ainsi une pression systémique constante pour nous incorporer, pour nous absorber. D’abord le système nous rejette, mais une fois qu’il se rend compte qu’il ne peut pas nous tuer, il nous incluse et nous transforme en quelque chose qui peut être acheté et vendu.

La plupart des lieux de travail sous contrôle ouvrier voient la solidarité avec d’autres luttes, en particulier pour de nouvelles récupérations, comme une part centrale de leur temps de travail. Presque toutes les réappropriations de lieux de travail ont eu du soutient d’autres entreprises auto-gérées. En général  elles sont en lien avec d’autres sociétés récupérées, mais aussi avec des coopératives plus militantes et des secteurs de l’économie solidaire. Les liens et les formes de coopération sont politiques mais aussi économiques. Autant que possible, les entreprises sous contrôle ouvrier préfèrent faire affaires avec d’autres entreprises auto-gérées.

La plupart des entreprises réappropriées par les travailleurs  maintiennent aussi un lien avec d’autres mouvements et organisations politiques ou sociales, ou bien avec les quartiers voisins. Presque toutes les entreprises auto-gérées s’engagent dans des activités politiques, sociales ou culturelles et 39% d’entre elles offrent même un espace permanent pour des centres culturels, des stations de radio, des garderies, des établissement d’enseignement et d’autres services et activités. Plus la réappropriation est récente, plus elle est connectée à d’autres mouvements. C’est aussi là d’où vient la force des entreprises auto-gérées.

Ce que Andrés Ruggeri décrit pour l’Argentine peut être étendu à la plupart des réappropriations tout autour du globe :

Un des aspects les plus intéressants des entreprises auto-gérées est leur relation avec les communautés, avec le social, et c’est ce que l’on veut dire quand on dit qu’aucune récupération ne se fait toute seule. Tout est dans le mouvement, dans la mesure où il y a eu beaucoup de militantisme impliqué dans ces récupérations. [Il y a] ainsi un bien plus gros mouvement avec des liens et des réseaux sociaux construits autour de chaque société reprise. [Ce mouvement] est très large et très fort, il change le sens même de l’entreprise. Si les travailleurs reprennent une entreprise tout seuls, si ils la transforment en coopérative et ainsi de suite, peu importe à quel point le processus interne est radical, si s’agit d’une entreprise  disposant uniquement d’activités économiques elle n’aura pas le potentiel transformatif qu’elle aurai avec tout le réseau entourant le mouvement.

Comme l’expose Gigi Malabarba, de WRC RiMaflow à Milan, en Italie :

On peut gagner si l’on fait partie d’une lutte plus vaste et augmenter dix fois, cent fois des expériences comme celles-là, pour nourrir l’idée qu’une autre économie est possible. Si l’économie des patrons est en crise, on doit développer une idée différente de l’économie.

Cette « économie différente », une économie fondée sur les besoins et les désirs des travailleurs est non seulement expérimentée et développée en pratique, mais les entreprises reprises par les travailleurs rencontrent aussi régulièrement d’autres lieux de travail réappropriés, des coopératives ouvrières et des laboratoires de recherches pour discuter et partager leurs expériences d’une « économie des travailleurs ». Des assemblées continentales et mondiales ont lieu tous les deux ans. Cette idée vient d’Argentine, où plusieurs rencontres de ce genre ont été organisées ces dernières années. En commençant à un niveau national, à l’heure actuelle sept assemblées en Amérique Latine et quatres assemblées mondiales ont déjà eu lieu.

azzellini-small-illustrationEn 2014, la première assemblée nord-américaine et la première assemblée européenne et méditerranéenne de « L’Économie des Travailleurs » se sont tenues. La rencontre européenne a eu lieu dans l’usine réappropriée des Fralib près de Marseille. Quelques 200 personnes ont assistées à l’assemblée, dont des militants, des travailleurs de cinq usines auto-gérées en Europe et une en Argentine, et des chercheurs venus d’Europe, du Méxique, du Brésil et d’Argentine. L’idée derrière ces rencontres est de créer un espace auto-organisé pour débattre des problèmes communs et différents auxquels les entreprises auto-gérées font face, et comment elles peuvent utiliser ces différentes expériences pour construire un réseau entre elles et avec d’autres formes  de production alternatives, auto-gérées et démocratiques pour créer une nouvelle économie au service des travailleurs et des communautés, et non l’inverse.

Il n’y a aucun doute quant au fait que les lieux de travail réappropriés gagnent en visibilité et que la prise de contrôle devient de plus en plus une option à prendre en compte dans les luttes ouvrières. Étant donné que la crise financière, économique, politique et sociale du capitalisme qui a généré les réappropriations actuelles persiste encore, les prises de contrôles par les travailleurs vont  probablement continuer.

30 ans de l’EDSA People Power: La révolution n’est pas finie !

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Publié le 1er mars 2016

Par Hugo A.

Le matin du 25 Février nous rappelle une révolution qui renversa un dictateur il y a maintenant 30 ans.

Sous la chaleur de l’après-midi le long de l’Avenue Ortigas, des drapeaux, principalement rouges, s’agitent. Pour les centaines qui marchèrent le long de l’EDSA (Epifanio de los Santos Avenue), la révolte des People Power de 1986 ne fut pas tant une révolution qu’un simple changement de noms de l’élite dominante.

Des centaines d’agents de la Police Nationale Philippine (PNP) ont empêché les manifestant d’accéder au sanctuaire de l’EDSA. Des affrontements ont éclatés entre la police et les manifestants alors que ces derniers se dirigeaient en direction du sanctuaire, une scène rappelant le triomphe historique du peuple sur cette même avenue.

Pendant ce temps, la commémoration officielle était aussi pompeuse et soignée que les débuts de People Power étaient désorganisés.

Plus tôt ce jour là, des confettis jaunes jonchaient rues et autoponts. Des drapeaux blancs, bleus et jaunes ornaient le sanctuaire de l’EDSA. Pendant la commémoration du 30ème anniversaire de la révolte du People Power, le Président Benigno « Noynoy » Aquino III rappelait ses parents Benigno Aquino, Jr. et Corazon Aquino au peuple Philippin, considérés par beaucoup comme des héros de notre démocratie restaurée.

Bien que le Bagong Alyansang Makabayan (BAYAN) considère que la révolte de People Power de l’EDSA a prouvé qu’une action collective pouvait renverser un régime tel que la dictature de Marcos, le groupe insiste cependant qu’un changement fondamental n’a pas encore été observé.

Réforme agraire, une creuse promesse

Selon le Kilusang Magbubukid ng Pilipinas (Mouvement Paysan des Philippines), neuf paysans sur dix ne possèdent aucune terre. Une véritable réforme agraire élude toujours aux haciendas et plantations de province.

People Power institua Corazon Aquino en tant que nouvelle présidente, cette dernière présentant le projet de réforme agraire comme un projet phare de son administration. Mais jusqu’ici, aucune réelle réforme n’a pu être observée.

Le fameux massacre de Mendiola causa la mort de 13 paysans lorsque l’armée ouvrit le feu sur la manifestation prenant place aux portes du palace de Malacañang le 22 Janvier 1987, moins d’un an après la révolte de l’EDSA et seulement quelques mois après l’investiture de Corazon Aquino.

« Le Programme de Réforme Agraire Complet de Cory (CARP) n’a jamais brisé les monopoles des propriétaires terriens. Comment cela pourrait être le cas alors que la famille d’Aquino fait partie des plus gros propriétaires du pays? », à interrogé Raymond Palatino, président du BAYAN du Grand Manille.

Grace au CARP, les Cojuangco-Aquino ont pu conserver la propriété de leur terres en utilisant l’option de distribution d’actions, faisant des paysans et ouvriers agricoles des actionnaires au lieu de propriétaires.

Le massacre de l’Hacienda Luisita coûta la vie de 7 paysans le 16 Novembre 2004, Noynoy Aquino étant alors député du district. Les paysans et ouvriers agricoles en grève, des soldats d’un camp militaire voisin ainsi que des gardes de sécurité ouvrirent le feu sur les manifestants.

La Cour Suprême décida en 2012 de céder la propriété de l’Hacienda Luisita de près de 5000 hectares au paysans.

« Les Cojuangco continuent encore à ce jour d’échapper à la réforme agraire, pour l’Hacienda Luisita par le biais d’une redistribution à la tambyolo (tirage au sort), vendant les lots de terrain à des entreprises privées ainsi qu’au gouvernement de Noynoy Aquino afin de réduire profits et terres normalement distribuées aux travailleurs » a rajouté Palatino.

Assauts de néo-libéralisation

Les travailleurs sont désormais exploités pour de maigres revenus et doivent constamment faire face à la menace de licenciement pesant sur eux, menace due à la contractualisation de leur emploi instituée lors du mandat de Cory.

La Loi Herrera, promulguée le 2 Mars 1989, amenda le Code du Travail et bâtit le terrain juridique afin de mettre en place les conventions de travail contractuels, réduisant le revenu des travailleurs, tout en introduisant une politique de jurisprudence (Assumption of Jurisdiction,).

Selon les Articles 106-109 de la Loi Herrera, le Secrétaire du Travail est autorisé à ordonner l’emploi de contractuels et autres travailleurs non permanents, comme en témoigne l’exemple de l’Ordre Départemental 18-A passé en 2011. En parallèle, l’article 263 autorise le Secrétaire au Travail à ordonner jurisprudence, justifiant un déploiement prompt des forces de police et militaires en cas de litige entre patronat et travailleurs. Cette utilisation de la jurisprudence est une méthode gouvernementale de répression des grèves qui fut par exemple utilisée lors du massacre de l’Hacienda Luisita.

La vente des biens de l’État afin de financer le secteur privé au détriment des services publics, notamment l’électricité, l’eau ou l’irrigation commença également sous la présidence de Corazon Aquino.

« Le gouvernement a écarté l’opportunité de renforcer et de construire ses propres entreprises en privilégiant le secteur privé. Cette situation établie par le gouvernement a facilité leur entreprise de liquidation des biens d’État, bien souvent aux frais des Philippins. Nous devons désormais nous procurer les services les plus basiques auprès de compagnies privées, le gouvernement à même dérégulé de nombreuses industries d’intérêt général. Nous devons désormais faire face à la hausse des prix de ces services et ce, malgré la médiocrité ou l’inefficacité desdits services, » affirme Palatino.

 

Perpétuation des atteintes aux Droits de l’Homme

Parmi les manifestants du 30ème anniversaire du People Power se trouvaient des survivants de torture et répressions politique durant la Loi Martiale. Selon ces derniers, des répressions du même genre existent encore aujourd’hui.

Par le biais de plusieurs discours le long de l’EDSA, différents groupes ont décrit la violence des groupes paramilitaires et des milices apparues lors de la présidence de Cory Aquino; la guerre totale contre les groupes armés Moro de l’administration Estrada; les exécutions extrajudiciaires (Extrajudicial Killings, EJKs) du régime Arroyo; ainsi que le nombre croissant de prisonniers politiques, EJKs et déplacement massifs de minorités nationales sous l’administration actuelle.

Un intervenant a rappelé qu’un jour avant l’anniversaire de People Power, le site d’évacuation de 700 Lumad (groupe indigène), la Maison Haran, appartenant à l’Église Unifiée du Christ des Philippines (UCCP) à Davao, a été incendié par des contingents supposés paramilitaires ainsi que militaires. Les Lumads subissent un harcèlement soutenu de la part de groupes militaires et paramilitaires depuis leur évacuation à l’UCCP Haran. L’existence de groupes paramilitaires aujourd’hui n’est pas sans rappeler le programme de conflit de faible intensité à but de contre-insurrection de Corey Aquino; présenté comme « axé sur le service communautaire » tandis que des milices perpétuent une violence systémique d’État.

No more Marcos, People Power toujours d’actualité

« Bien que les gens se rendent compte qu’aucun changement social de fond n’a eu lieu sous Cory ni sous les gouvernement suivants, et ce jusqu’à celui de son fils Noynoy, nous ne devons pas oublier la Loi Martiale de Marcos, » a rajouté Palatino

Des membres de la Campagne Contre le Retour des Marcoses à Malacañang (CARMMA) a rejoint la manifestation. La CARMMA a lancé une série de rassemblements de victimes de la Loi Martiale ainsi que de nombreuses manifestations contre la candidature de Bongbong Marcos, l’une d’elle prenant place lors d’une messe en présence d’Imelda Marcos.

Alors que Bongbong continue de cibler la jeunesse, notamment de la génération Y, n’ayant pas connu la Loi Martiale afin de soutenir sa campagne, les membre de la CARMMA jurent de continuer à exposer les méfaits de la Loi Martiale et d’entraver son ambition pour le second poste le plus haut placé du pays.

Le secrétaire général du BAYAN Renato Reyes a rappelé l’importance du People Power au tournant du second tour des élections.

« People Power a pu se produire en raison de l’évidente incapacité des élections de résoudre les crises présente dans la société Philippine. People Power reste d’actualité face à l’injustice et l’oppression. Ce mouvement reste un outil valide afin de changer la société, » a déclaré Reyes.

États-Unis : Violences policières, racisme et politiques de polarisation

A demonstrator protesting the shooting death of Alton Sterling is detained by law enforcement near the headquarters of the Baton Rouge Police Department in Baton Rouge, Louisiana
A demonstrator protesting the shooting death of Alton Sterling is detained by law enforcement near the headquarters of the Baton Rouge Police Department in Baton Rouge, Louisiana, U.S. July 9, 2016. REUTERS/Jonathan Bachman TPX IMAGES OF THE DAY – RTSH3XR

Traduit par Hugo A.

Les images macabres constamment diffusées sur les ondes ou sur la toile sont inévitables : voitures piégées, massacres dans des boîtes de nuit, policiers assassins et assassins de policiers. C’est ce que Lénine appelait « l’horreur capitaliste continue » – sans fin. Non seulement en ces « lointaines » terres d’Irak, d’Afghanistan et du Mexique mais également dans des villes comptant dans les plus riches et prospères de la planète. Voici l’infernal visage de la crise du système capitaliste, la crise systémique qui menace de faire sombrer l’humanité avec elle.

Éditorial du numéro de Juillet 2016 de Socialist Appeal

Presque un siècle après que la Révolution Russe montra la marche à suivre, la civilisation toute entière se trouve dans une impasse. Pour paraphraser la verve poétique de Marx dans le Manifeste, l’humanité a enfin conjuré d’insondables merveilles technologiques et productives du sein du travail social. Un monde de surabondance pour tous est à portée de main. Le schisme entre ce qui est possible et la réalité du labeur et de l’humiliation que nous sommes forcés d’endurer se fait maintenant sentir au plus profond de millions d’individus. Ce qui s’oppose encore à une société véritablement humaine est structurel, institutionnel, systémique. Ce qui s’y oppose encore n’est autre que le capitalisme.

À l’origine, cette polarisation grandissante n’est qu’une fonction de l’accroissement de l’écart entre les classes. Mais, sans exutoire ou marche à suivre claire, la pression grandissante génère une frustration menant à un défouloir de violence amoncelée. La Police a, depuis le début de l’année, tué plus de 500 personnes. Malgré le scandale croissant, aucun officier de Police n’a été condamné depuis l’apparition du mouvement Black Lives Matter après les meurtres de Mike Brown et Eric Garner il y a maintenant plus de deux ans. Les assassinats effrontés commis à l’encontre d’Alton Sterling à Baton Rouge et de Philando Castile à Minneapolis-Saint Paul furent les funèbres flammes qui redonnèrent à Black Lives Matter un nouveau souffle. Des manifestations spontanées à travers le pays ont une nouvelle fois inondé les rues, et des centaines de manifestants se firent arrêter.

À Dallas, un vétéran de l’armée Américaine, déployé en Afghanistan, furieux des dernières exécutions sommaires perpétrées par la police, tua cinq agents en uniforme et en blessa plusieurs autres en fin de cortège d’une manifestation pacifique de BLM.

Mais la terreur individuelle, bien qu’en réponse à la terreur organisée du capital, ne peut qu’en accentuer la réaction. Elle ne peut changer la relation fondamentale entre exploitants et exploités, entre classe des oppresseurs et opprimés. Léon Trotski déclarait que « la vengeance individuelle ne nous satisfait pas. Les comptes que nous avons à régler avec le système capitaliste sont bien trop colossaux pour êtres portés par un simple fonctionnaire. »

Le mieux que les politiciens et autre flagorneurs libéraux puissent offrir sont des larmes de crocodiles et de caducs appels à l’unité et à la non-violence. Ils se lamentent de la « fracturation » du pays, et implorent de mettre fin à cette division entre la police et le peuple qu’ils « servent », et dépeignent nerveusement le pays comme une « poudrière » prête à exploser. Armés jusqu’au dents, profitant des milliards issus de la vente d’armes, bombardant et dronant partout dans le monde et poussant la légifération du désarmement de la classe ouvrière, pieusement, ils nous rappellent que « all lives matter » (toutes les vies comptent) – ce à quoi George Orwell aurait répondu « mais certaines plus que d’autres ! »

La paix sociale relative du boom d’après-guerre -en insistant sur le « relative », la « War on Drugs » ayant été une guerre civile unilatérale menée contre les pauvres- fut fondée sur un boom économique sans précédent. La prospérité amortissant la dureté de la dictature du Capital pour une couche importante de la population. Mais cela ne pouvait durer éternellement. Le système pourrit de l’intérieur. Le nombre de personne tirant bénéfice de ce système diminue. Le tampon que représente la soi-disant « classe moyenne » s’étant impitoyablement érodé. En première ligne des hérauts de la propriété privée se trouvent les petites armées en la personne de la police militarisée -n’étant guère signe de paix sociale. Le règne de la terreur imposé par l’État est nécessaire car prolétaires et pauvres constituent une majorité écrasante. L’autorité et la peur que représente la police s’émoussant, les capitalistes en redoutent les conséquences alors que leur stratégie de « diviser pour mieux régner » menace de devenir incontrôlable -ils sont bien trop peu nombreux pour défendre leurs pouvoirs et richesses eux-mêmes.

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Traités comme des rats affamés et encagés, les êtres humains interagissent en conséquence. Si tout le monde avait un travail, avait accès aux soins, à l’éducation, et au logement, les relations entre nous seraient transformés : sans ordre à maintenir, nul besoin de police. Mais avec la pénurie et le manque advient la nécessité de faire respecter cette distribution inégale des ressources. La contradiction absurde que nous nous devons de résoudre est celle de la pénurie artificielle capitaliste. Il existe sur Terre bien assez de ressources pour nous tous. Le motif seul du profit barre la route d’un système de production, de distribution et d’échange rationnel, en harmonie avec son environnement.

La classe ouvrière a le pouvoir de se décharger du capitalisme une fois pour toute -pourvu que l’énergie de notre classe, vaste et inexploitée puisse être dirigée sciemment. En absence d’une telle direction, l’impasse qu’est l’instabilité peut s’en retrouver prolongée des années, voire des décennies durant. En définitive, la responsabilité de cette impasse est à imputer aux dirigeants travaillistes pro-capitalistes, siégeant sur un volcan de potentiel révolutionnaire mais refusant de déchaîner le pouvoir latent des prolétaires. Une nouvelle direction doit être bâtie avec un sens de l’urgence.

Alors que nous nous dirigeons vers ce qu’un sénateur Républicain appela un « feu de poubelles » en guise d’élections, la polarisation et le chaos ne feront que s’accroître. La trahison de Bernie Sanders à l’encontre de la confiance de ses partisans mène ces derniers à rechercher des solutions en dehors du système bipartite -et au deçà les frontières du réformisme. La part de votant s’identifiant comme « indépendants » n’a jamais été aussi importante en 75 ans -39%- une majorité relative de l’électorat. Des millions d’électeurs n’arrivent aujourd’hui pas à choisir quel candidat est celui du « moindre mal. » En ces conditions, un parti socialiste indépendant pourrait rapidement gagner de l’élan -et de la puissance politique.

En tant que Marxistes nous comprenons que pour mettre fin aux violences policières, au racisme, à la pauvreté, à l’exploitation et à l’oppression, nous devons anéantir le capitalisme. Nous analysons que la seule manière de triompher de la résistance des capitalistes et de leurs défenseurs est par une lutte politique et économique de classe. Nous reconnaissons qu’il existe de puissantes forces centrifuges cherchant à découdre l’unité de la classe ouvrière. Heureusement, ces dernières sont compensées par des forces autrement supérieures nous poussant inexorablement à défendre nos intérêts communs. Cependant l’unité de classe traversant toutes ces lignes auxiliaires ne peut être simplement déclarée, mais doit être forgée au sein d’une lutte commune. Voici la tâche des temps à venir.

Construire une organisation capable de fournir des méthodes d’organisation et des repères théoriques nécessaires ne sera ni automatique ni aisé. Mais selon notre bon vieux pragmatisme Américain, « tout problème a sa solution », et « il y a un outil pour tout travail. » Le problème étant le capitalisme et l’outil un parti révolutionnaire de masse enraciné dans chaque lieu de travail, quartier et dans chaque campus. Nous vous invitons à rejoindre l’IMT afin de nous aider à le bâtir.

Par John Peterson

Article d’origine:
http://www.marxist.com/usa-police-brutality-racism-and-the-politics-of-polarization.htm

Alain Soral ou l’incohérence politique

 

SchŽma mars 2016
>Voir en grand<

Publié dans le Crassier Rouge de l’automne 2015

 

Par Hedi Z.

En moins de 10 ans, Soral à réussi à s’imposer comme étant la nouvelle figure de la « rébellion » nouvelle génération. Du néonazi crâne rasé au jeune issu de l’immigration, Soral a séduit de nombreux adeptes à grand coup de discours bancal à la pertinence douteuse. Son objectif ? « Construire derrière le concept de la Nation une unité nationale entre toutes les catégories sociales françaises » comme il le dit si bien sur le site de son association « Egalité et Réconciliation ». Mais la vérité est toute autre. Derrière le masque du prétendu révolutionnaire nationaliste « anti-capitaliste », se cache en fait un « charlatan » au discours simpliste et populiste et à une réflexion « anti-système » vide de toute analyse de classe.

Sa principale force réside dans la création d’un auditoire au sein des quartiers populaires. Auditoire qu’il a su se faire en jouant des crises identitaires et politiques créées depuis quelques années par le système capitaliste. L’État, qui à grand renfort de politiques libérales a abandonné les quartiers populaires, a permis à Alain Soral d’exploiter une colère légitime et de s’en créer un fond de commerce en prônant l’égalité et en tendant la main à de nombreux jeunes issus de l’immigration, détournant au passage la lutte pour la Palestine, sujet qui trouvait écho au sein des quartiers populaires.

Paradoxalement, cette séduction et ce rapprochement ne l’empêchent pas de continuer à s’affirmer en tant que suprémaciste français et de clamer haut et fort que la condition française est un héritage qui se doit de se préserver de « l’arrivée de nouveaux arrivants ». Régulièrement, sur son site, il n’hésite pas à légitimer la notion de « Français de pure souche », balayant donc toute aspiration à l’égalité. Soral est conscient de ses contradictions de discours, mais l’essentiel est ailleurs : en conquérant le cœur des jeunes de banlieue, il réussit deux tours de force. Neutraliser une force de contestation populaire, voire se l’approprier en l’orientant par son influence.

Soral a réussi à profiter des interstices du système qu’il dénonce pour en faire ainsi son fond de commerce.

Mais derrière ce prétendu leader politique se cache surtout un vrai chef d’entreprise qui use des mêmes stratégies du système qu’il prétend combattre pour pouvoir étendre son empire. En effet , Alain Soral est un véritable entrepreneur . En créant Egalité et Réconciliation, il s’est avant tout créé une vitrine lui permettant de faire la promotion de son imposture idéologique et de ses produits. Mais cela lui permet avant tout d’épandre sa propre marque. La page d’accueil du site d’Egalite et Réconciliation renvoie à 4 boutiques : « Au bon Sens », magasin bio, « Sanguisterrae », boutique de vin, « Instinct de Survie » boutique survivaliste surfant sur la nouvelle mode de l’extrême-droite et enfin « Kontre Kulture », la plus célèbre des firmes d’Alain Soral, maison d’édition obscure qui lui permet à la fois de diffuser son fourre-tout idéologique à travers la vente de différents ouvrages.

Derrière ces 4 boutiques se cache la même entreprise : « Culture pour tous ». Cette SARL, créée en 2011, appartient à hauteur de 80% à Alain Soral. L’entreprise a fait de lui un millionnaire. Par exemple en 2014, son entreprise réalisa un chiffre d’affaires de près de 2 millions d’euros. Derrière cette popularité virale et ce prétendu statut de « Chef des Dissidents », Soral a surtout réussi à profiter des interstices du système qu’il dénonce pour en faire ainsi son fond de commerce.

L’image qu’il a réussi à créer de lui-même est une imposture basée principalement sur des mensonges et des mythes infondés. Comme par exemple sa prétendue appartenance au PCF, qu’il doit uniquement à son adhésion à un mouvement créé par lui-même et par deux de ses amis du nom de « Collectif des travailleurs Communistes des Médias » qui n’a eu strictement aucun lien avec le parti.