L’emprisonnement de masse des Palestiniens, la torture généralisée, la violation systématique du droit international, ou la haine raciale israélienne

Les chiffres

140 enfants actuellement détenus dans les prisons israéliennes, 37 femmes, 440 personnes en détention administrative, 4450 prisonniers politiques. Ce sont les chiffres de l’emprisonnement des Palestiniens actuellement en Israël (addameer). Soumis à un régime militaire, les droits des palestiniens sont systématiquement bafoués et leur incarcération est massive. En 2015, le Comité International de la Croix Rouge estimait que plus de 850 000 Palestiniens étaient passés par la prison israélienne depuis 1967. Presque un quart de la population palestinienne – transposé à la France ce chiffre correspondrait à presque 17 millions de Français – la plupart des familles palestiniennes ont vu au moins un de leur proche passer par les geôles israéliennes.

Les méthodes

La maltraitance et la torture des prisonniers sont généralisées. On peut les classer en trois catégories. La première concerne l’arrestation: ligotages douloureux, raids nocturnes traumatisants, maltraitances et coups, y compris devant les proches. La seconde concerne les pressions exercées durant les interrogatoires: coups encore, maintien dans des positions douloureuses, privations de sommeil, privations d’eau, de nourriture, de commodités, exposition à des températures extrêmes, menaces de représailles sur des proches. La troisième est relative aux mauvais traitements en détention: violents raids nocturne dans les cellules, négligences médicales pouvant entraîner l’aggravation de maladies ou la mort, alimentation forcée en cas de grève de la faim, isolement total des détenus, transfert dans des conditions pénibles.

Une violation chronique et systématique des droits humains

Violation de l’article 14 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques: la détention administrative est une incarcération sans procès d’une durée de six mois renouvelable indéfiniment. Elle bafoue les droits humains fondamentaux et les principes les plus élémentaires de justice.

Violation de la Convention Internationale contre la Torture: les pratiques relevant de la torture sont généralisées à l’encontre des palestiniens, que ce soit au moment de l’interpellation, au moment des interrogatoires ou au cours de la détention des prisonniers.

Violation des Règles Nelson Mandela élaborées par le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme: surpopulation et insalubrité, sanitaires insuffisants, mauvaise alimentation, absence de change vestimentaire, service médical inexistant, raids menés par des militaires armés à l’intérieur des prisons, difficultés pour l’exercice du droit de visite des familles. L’emprisonnement des Palestiniens est une atteinte généralisée à la dignité humaine.

Violations de l’article 49 de la 4e convention de Genève: les prisonniers politiques sont détenus dans des prisons en Israël, loin de leur lieu de domicile, en contradiction avec les règles interdisant les déportations de population.

Violations de la Convention Internationale relative aux Droits de l’Enfant: les enfants sont considérés comme majeurs à partir de 16 ans et incarcérés dès l’age de 12 ans, ce en violation de la convention qui stipule 18 ans pour la majorité et 14 ans pour l’incarcération. Les enfants ont un accès restreint à un avocat, un accès restreint à la visite de leur famille, n’ont pas la possibilité de poursuivre leur scolarité.

Violation de l’article 33 alinéa 1 de la 4e Convention de Genève interdisant les punitions collectives: démolition des maisons de familles dont un des membres est emprisonné ou en cours de procès pour agression ou attentat présumé. Impossibilité pour les familles de récupérer les corps des proches morts en prison jusqu’à l’expiration de la peine.

Traumatiser la population palestinienne

Dans un rapport intitulé « Enfances brisées«  de mars 2006, soumis au Comité contre la Torture des Nations Unies, plusieurs ONG ont décrit les séquelles durables produites par les mauvais traitements et les incarcérations subis par les enfants palestiniens. Les enfants souffrent de troubles de stress post-traumatiques (troubles du sommeil, effroi, hyper-excitation, incontinence nocturne, perte d’intérêt, perte de concentration, angoisse, dépression, faible estime de soi, agressivité envers autrui) qui compromettent leur scolarité, leur vie future et de fait leur intégration dans la société palestinienne. Les adultes ne sont pas épargnés par ces séquelles et nombreuses sont les personnes à avoir connu l’emprisonnement qui souffrent aujourd’hui d’une faible estime de soi, qui vivent dans la peur quotidienne d’une nouvelle arrestation et, ou, qui éprouvent des difficultés relationnelles. Il apparaît ainsi que la politique consistant à emprisonner massivement les palestiniens est un des éléments de la destructuration de la société palestinienne.

Permettre la continuité de la colonisation israélienne

La raison pour laquelle le régime israélien condamne de façon aussi massive et de façon aussi traumatisante la résistance palestinienne est simple. Il s’agit de faire taire toutes les critiques politiques, de mater dans l’œuf toutes les résistances, de briser la société palestinienne et les possibilités d’organisation, et ainsi de permettre à la colonisation israélienne de se poursuivre sans contestation notable. Une colonisation qui a permis l’installation illégale de 600 000 colons israéliens en Cisjordanie, qui réclame aujourd’hui l’annexion pure et simple de larges parties de la Cisjordanie et qui a instauré une véritable situation d’apartheid des Palestiniens.

Rappelons que la colonisation de la Palestine est entreprise très tôt, dès le début du 20ème siècle, soit 50 ans avant la seconde guerre mondiale et dans le plus grand mépris des Palestiniens. Que l’épuration ethnique massive des Palestiniens, qui a vu 800 000 personnes être déplacées (Nakba), a débuté au moment du vote du plan de partage de l’ONU en 1948 et bien avant l’intervention des armées arabes. Que cette épuration ethnique s’est poursuivie en interne avant de connaître une nouvelle phase après l’agression militaire de 1967 qui a initié l’occupation et la colonisation de la Cisjordanie, poussant 300 000 palestiniens de plus à l’exode (Naksa). Que les résolutions majeures de l’ONU : 194 sur le droit au retour des réfugiés palestiniens, et 242 relative à l’occupation illégale de la Cisjordanie et au retrait des Territoires occupés, sont bafouées depuis 73 et 54 ans respectivement. Rappelons aussi que cette colonisation n’est possible que grâce au collaborationnisme des puissances impérialistes, occidentales en particulier, les États-Unis en tête, et avec le soutien de certains régimes réactionnaires arabes.

Les Palestiniens n’ont jamais été les agresseurs en leur territoire et leur résistance à l’occupation et à la colonisation est totalement légitime. Cet acharnement contre les Palestiniens ne peut se comprendre que par une action politique israélienne centrée sur des thèmes ethniques et religieux qui méprise et maltraite les Palestiniens pour ce qu’ils sont dans leur majorité: des arabes, des musulmans, les natifs de cette contrée, et vraisemblablement les descendants des israélites originels. C’est une haine raciale qui ne dit pas son nom mais qui empile les éléments à charge et qui ne recule devant aucune ignominie pour permettre l’établissement du nationalisme israélien.

Un inconditionnel soutien international

À l’occasion de la semaine internationale d’action pour les prisonniers palestiniens qui a lieu du 17 au 23 avril 2021 initiée par Samidoun, réseau international de solidarité avec les prisonniers palestiniens, il est de notre devoir de réclamer avec force la libération de tous les prisonniers palestiniens, de réclamer le respect du droit international et le droit inaliénable de résister aux oppressions, et enfin, d’exiger sans aucune compromission la fin du régime colonial, criminel, raciste et d’apartheid israélien.

Libération pour les prisonniers palestiniens !
Fin du régime colonial, raciste et d’apartheid israélien !
Boycott, Désinvestissement et Sanctions d’Israël jusqu’au respect du droit international !

2 réflexions sur “L’emprisonnement de masse des Palestiniens, la torture généralisée, la violation systématique du droit international, ou la haine raciale israélienne

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