Le 22 octobre 1941 : la fusillade de Chateaubriant

Le 23 octobre 1941, la presse nazie publiait la liste de 48 otages fusillés la veille. Dont 27 à Châteaubriant (au camp) avec la mention « Communiste ». 16 à Nantes, 5 au Mont Valérien avec la mention « Action en faveur de l’ennemi ». 50 autres le seront 48h après, à Souges, près de Bordeaux.

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C’est parce que les fusillades du 22 octobre 1941 furent « la première illustration éclatante » de la sauvagerie nazie et de la complicité du gouvernement de Vichy que son impact fut si fort. Dès 1945, au retour des déportés, les anciens, les familles des fusillés, décidèrent la création d’une Amicale regroupant les 3 camps où nos camarades avaient été internés.

Celle-ci a pour but de faire connaître aux jeunes ces années noires, comprendre le rôle joué par ses militants, pour la plupart dirigeants de grandes centrales syndicales.

–> http://www.amicale-chateaubriant.fr

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Hashem al-Jazzeh, la Palestine asphyxiée

AshemPublié dans le Crassier Rouge de l’automne 2015

Par Jules F. et Simon P.

Triste anniversaire que celui du décès de notre ami palestinien Hashem Azzeh, qui nous avait ouvert ses portes lors de chacun de nos voyages en Palestine occupée. Il vivait dans sa maison de famille, en plein milieu de la colonie sioniste d’Hébron, colonie qui s’est implantée en plein centre ville où 400 colons sont protégés par 4 000 soldats. Grâce à eux, ces 400 colons imposent leur loi à plus de 160 000 Palestiniens.

Lors de nos différents voyages, les mots que nous entendîmes des colons voisins furent ceux-là : « Mort aux arabes et mort aux goys* ! ».

Il semble que les soldats israéliens aient exécuté leur volonté.

Le seul crime d’Hashem fut de refuser 20 millions de dollars pour partir de chez lui, de sa terre, de sa maison. Son acte de résistance fut de faire visiter sa maison, sa ville, son quartier colonisé, à des centaines de militants de tout horizons, pour montrer au monde entier la violence de la vie dans les colonies sionistes.

Ils veulent m’expulser de mes terres, mais je n’abandonnerai jamais, nous continuerons à lutter jusqu’à notre libération.

Ce résistant pacifiste, fut tué le 21 octobre par les forces d’occupation lors d’une intervention des forces israélienne à Bab al-Zawiya dans le centre Hébron. Il est mort asphyxié par des gaz lacrymogènes utilisés par les forces israéliennes. Hashem avait 54 ans, il était pour beaucoup d’entre nous « le dernier résident palestinien » au cœur de la vieille ville colonisée par les israéliens.

Nous avons une pensée pour le peuple palestinien, pour chaque résistant, pour les prisonniers politiques palestiniens mais plus particulièrement pour sa femme et ses enfants, aujourd’hui seuls au milieu d’une des colonies la plus violente de Cisjordanie.

On continue le combat en pensant aux mots de Hashem qui nous disait ceci quand on lui demandait ce qu’on pouvait faire :

Ne nous envoyez rien, pas de nourriture, de couvertures. Changez la position de votre gouvernement, ce sera la meilleure des actions.                                 

*non juifs

17 octobre 1961 : Ici on noie les algériens

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Le 17 octobre peut paraître comme un jour banal, une journée froide annonçant les premières neiges d’hiver. C’est dans cette atmosphère paisible que s’est déroulé le 17 octobre 1961, dans les rues de Paris, le massacre d’environ 300 manifestants algériens.

Ils étaient descendus sur les pavés dans la Capitale, lors d’une manifestation pacifiste pour l’in- dépendance de l’Algérie et contre le couvre-feu imposé aux nord-africains (fuyant les horreurs de la guerre qui sévissait dans leur pays) par la préfecture de Paris tenue par Maurice PAPON (qui sera jugé en 1998 pour complicité aux crimes de guerre sous l’Occupation. Mais il ne sera jamais condamné pour ses exactions du 17 octobre).

Cet événement sera marqué par la terrible répression policière qu’ordonnera le préfet à l’encontre des manifestants : ils seront frappés, lynchés, et beaucoup finiront jetés dans la Seine ! Au total : entre 200 et 300 morts. Cette date entachera à jamais l’Histoire de France. Dès lors, le Gouvernement de De Gaulle fera tout pour étouffer l’affaire, il emprisonnera et torturera les militants indépendantistes algériens pour tenter d’éteindre cette flamme revendicatrice.

Aujourd’hui, ce dossier sanglant commence tout juste à se rouvrir, mais il reste toujours un souvenir sensible, douloureux et tragique pour les familles des victimes.