De la Convention Citoyenne pour le climat à la Loi Climat et Résilience: un échec écologique et politique

Par Pierre

Landscape of Change – Jill Pelto

La loi climat et résilience est un projet de loi porté par le gouvernement Castex en 2021. Elle répond aux propositions faites par les citoyens et les citoyennes lors de la Convention Citoyenne pour le climat (CCC). Cette dernière a débuté en 2019, à la demande du premier ministre Édouard Philippe. Le but de cette convention était de proposer des mesures pour “définir les mesures structurantes pour parvenir, dans un esprit de justice sociale, à réduire les émissions de gaz à effet de serre d’au moins 40 % d’ici 2030 par rapport à 1990” [1]. La convention rend son rapport en 2020 et formule 149 propositions qui devaient être soumises “sans filtre” au Parlement ou à un référendum. Ces propositions s’inscrivent, en outre, dans le cadre du conseil de défense écologique et dans le projet de loi portant sur la lutte contre le dérèglement climatique et le renforcement de la résilience face à ses effets, projet de loi dit loi Climat-Résilience ou plus simplement loi Climat.

En retraçant la création de la CCC jusqu’à l’analyse de la loi Climat, la réponse face aux urgences climatiques et écologiques du gouvernement est dramatique. Plus généralement, la seule solution pour lutter contre cette crise sans précédent n’est autre que le renoncement à la course au profit en faveur d’une société socialiste qui (re)créera un lien métabolique élémentaire entre l’économie et la nature [2].

La Convention Citoyenne pour le Climat, une démocratie new-look?

Alors que la communauté scientifique internationale alerte depuis 1990 sur les dangers du changement climatique [3] en publiant près d’un rapport par an, les gouvernements néo-libéraux qui orchestrent la mondialisation préservent les intérêts capitalistes au détriment de l’environnement. La menace grandissante et les citoyens étant de plus en plus sensibilisés, le gouvernement français se devait de réagir. À la suite de la mise en place de débats citoyens lancés pendant le mouvement des Gilets Jaunes, Emmanuel Macron décide de mettre en place la CCC pour laisser les citoyens définir des mesures afin de réduire les émissions de gaz à effet de serre de 40% d’ici 2030 par rapport à 1990. Les citoyens sont alors tirés au sort. Néanmoins, le doute est permis lorsque, parmi les 250 000 numéros de téléphone sélectionnés, le hasard a décidé de garder celui de Daniel Cohn Bendit, soutien d’Emmanuel Macron lors de sa campagne de 2017 [4].

De plus, permettre à des citoyens tirés au sort de proposer des lois qui touchent tous les secteurs : de l’agriculture à l’énergie en passant par les transports et l’alimentation reste ambitieux et audacieux. Loin l’idée de critiquer les citoyens impliqués avec persévérance et détermination dans ce projet, ou même de critiquer les mesures proposées, mais il est impossible de ne pas critiquer le cadre fonctionnel et les limites démocratiques au sein de la CCC. Par ailleurs, nous soutenons les citoyennes et citoyens qui, malgré les difficultés rencontrées, ont su garder la tête froide et proposer des mesures efficaces. Nous incitons ces citoyens à continuer la lutte et à toujours être force de proposition, même si le modèle néo-libérale dominant entrave le processus démocratique.

Premièrement, le tirage au sort pose quelques problèmes. En effet, il a été effectué selon “le sexe, l’âge, le niveau de diplôme, la catégorie socio-professionnelle selon l’Insee, le type d’aire urbaine et la région. Nous nous assurions également de la présence dans l’échantillon de personnes issues des quartiers prioritaires de la politique de la ville » [5]. La couleur et l’influence politique quant à elles ont été ignorées. Cela a pu, d’une certaine façon, conforter la pensée dominante libérale dans les débats en écartant les citoyens informés, politisés, militants etc., en opposition avec le système capitaliste. De plus, ces débats étaient organisés par un “comité de gouvernance” influant directement sur les décisions des citoyens, ce qui peut expliquer en partie le renoncement final à la proposition de réduction du temps de travail à 32 heures par semaine [6].

Ensuite, la mise en place de conventions citoyennes n’est pas une « aventure démocratique inédite » mais un modèle qui a lieu fréquemment. En 2002, une convention sur ordre ministériel s’était mise en place, intitulée Changements climatiques et citoyenneté. Elle proposait déjà des mesures intéressantes comme la taxation du kérosène ou la création d’un fonds mondial d’indemnisation des catastrophes naturelles, ou encore l’attribution aux énergies renouvelables des crédits affectés à la recherche nucléaire [6]. Très peu médiatisée, cette convention citoyenne a simplement été oubliée. Le caractère “inédit” de cette convention de 2020 repose sur le nombre de participants (150). Cependant, 150 citoyens n’est pas représentatif de la société dans son ensemble. Des chercheurs estiment que le nombre minimal de citoyens sélectionnés aurait dû être de 1000 pour que les mesures prises soient assez représentatives de la pensée collective des citoyens français.

Par ailleurs, il est déplorable et dangereux que ces citoyens n’aient pas suivi au préalable une formation initiale suivie d’une formation secondaire contradictoire ayant pour but d’éviter que les experts sélectionnés (pas forcément neutres) orientent les décisions des citoyens. De plus, ces formations permettent aux citoyens sélectionnés d’avoir tous les outils nécessaire pour comprendre les différentes problématiques, avant de prendre des mesures adéquates [7].

Procédure pour l’organisation d’une convention de citoyens (CdC) par une section compétente du Conseil économique, social et environnemental (CESE) ou par la Commission nationale du débat public (CNDP) [7].

En outre, la CCC a été dirigée non pas par un “comité de pilotage” indépendant qui n’intervient pas dans le débat, mais par un “comité de gouvernance” pouvant intervenir et jouer un rôle néfaste dans la mise en place des différentes propositions. Notons que parmi les membres qui devaient choisir les “experts” pour la CCC se trouvent Mme CatherineTissot-Colle, responsable du Medef et cadre d’Eramet, une multinationale de l’extraction minière, très polluante soumise à de nombreux scandales écologiques et sociaux [8].

Enfin, la mise en place de cette convention n’est pas démocratique mais plutôt monarchique dans le sens où, le président décide quand, où et comment. C’est lui qui fixe la méthodologie et qui se permet ou non de prendre en compte les propositions faites par les citoyens. Sans critères juridiques, il n’y a ni devoir ni structures qui définissent les cadres d’un tel dispositif. Toute l’architecture de la CCC repose sur une certaine confiance dans l’honnêteté du Président de la République. Comment faire confiance à quelqu’un qui casse le système social et protège la classe bourgeoise?

La CCC a été instrumentalisée et dirigée par la classe dominante. La réponse à la crise écologique est claire et les citoyens l’ont compris, la solution aux crises écologiques et sociales passe par l’abandon du système capitaliste et la redistribution des richesses : “Il est vain de penser l’action en matière d’atténuation du changement climatique sans remettre en cause le système économique qui est à l’origine de la catastrophe (économie (néo-)libérale choyée par nos gouvernements successifs)” écrira Jacques Testart.

Une “loi Climat” bien en deçà de l’urgence climatique et de l’effondrement de la biodiversité

Alors que les membres de la convention proposent des mesures concrètes et sommes toutes efficaces, le gouvernement reprend ses propositions en bafouant la démocratie et en prouvant une fois de plus leur autorité incontestable. Près de 50 mesures de la convention ont été “reprises ou partiellement reprises” [9]. Emmanuel Macron avait pourtant déclaré les soumettre toutes au Parlement ou à un référendum, à l’exception de trois mesures: la modification du préambule de la Constitution [10], la taxe sur les dividendes et la limitation de la vitesse à 110 km/h sur l’autoroute. C’est encore une fois la preuve d’un gouvernement qui utilise la répression, qui ne respecte pas la démocratie et qui s’attache à protéger les intérêts de la classe dominante. Alors que les travailleurs, les jeunes et les citoyens français ont conscience de l’urgence climatique, le gouvernement protecteur des lobbies semble encore douter de l’urgence et de l’importance de cette lutte. Encore une fois, les avis des scientifiques, et notamment du rapport du GIEC ne sont pas écoutés et pris en compte.

Le gouvernement annonce que cette loi permettrait de réduire de 6 à 10 millions de tonnes d’émission de dioxyde de carbone par an, or, pour respecter les accords de Paris, il faudrait réduire les émissions de 112 millions de tonnes de CO2 d’ici à 2030! Le Haut conseil pour le climat (créé par le gouvernement) souligne que la loi climat ne permet pas de respecter les accords de Paris, ni de respecter la stratégie bas carbone [11]. “La plupart des vingt et une mesures quantifiées par l’étude d’impact ont un effet potentiel limité sur le niveau des émissions, soit à cause de leur périmètre d’application restreint ou des délais allongés de mise en œuvre.” écrit dans son rapport le Haut conseil pour le climat [12]. Cette loi est un échec gouvernemental dont le seul but est de faire croire à un quinquennat soucieux de l’environnement.

Commencer un projet de société écologique c’est d’abord repenser l’organisation économique de la société. Un système économique de libre-échange, de délocalisation, de productivisme et d’exploitation des ressources naturelles ne peut pas proposer des lois qui amèneraient son implosion. Or, un projet de société écologique doit se baser sur la relocalisation de la production, la réappropriation des moyens de production par les producteurs eux-même, la réorganisation des filières industrielles, la sécurisation des emplois, le retour de l’importance de la durabilité des matériaux, l’abandon de toutes formes de profit, la mise en place de mesures radicales pour la protection de la biodiversité et des écosystèmes, etc.

Comment s’attaquer à la pollution de l’air alors que sur les 9 extensions d’aéroports prévues aucune ne sera interdite, alors que le trafic aérien devrait diminuer, que la proposition de mettre fin à certaines liaisons aériennes intérieures en les remplaçant par des lignes ferroviaires ne touche que 1 à 3 liaisons et que la proposition de mettre fin à la vente de véhicules polluants ne concerne qu’1 à 3 % des véhicules neufs vendus? De plus, le gouvernement parle d’une loi solidaire mais la proposition de “mettre fin à la location des logements les moins bien isolés, progressivement de 2025 à 2034” ne précise pas que c’est aux locataires souvent précaires de se retourner contre les propriétaires si ces derniers refusent les rénovations [13]. Par ailleurs, le gouvernement ne parle pas du devenir des salariés des secteurs menacés. En sommes, force est de constater le bilan désastreux du quinquennat d’Emmanuel Macron en matière de politique écologique et sociale. Pour résumer, voici un tableau récapitulatif des propositions faites par la CCC face aux mesures prises par la loi Climat et Résilience avant et après passage à l’Assemblée [ici].

Pour faire face à ce défi de taille, nous devons planifier l’économie et l’agriculture. Renouer le lien entre la nature, l’économie et les hommes (appelé lien métabolique par Marx et Engels) n’est possible qu’en abolissant le capitalisme au profit du socialisme. Renouer ce lien, c’est avant tout repenser une économie dans laquelle les échanges de matières, liés au travail, entre les humains et leur milieu forment un cycle complet, où la matière prélevée se verrait restituée à la fin du cycle productif [14].

Face à l’urgence, une seule solution : la révolution du prolétariat pour redistribuer les richesses, se réapproprier les moyens de production, stopper cet hyper-productivisme et repenser la société dans un esprit de conciliation avec la nature, en ne consommant pas plus que les écosystèmes peuvent produire par exemple. Cette loi n’est qu’une mascarade à visée électoraliste. Derrière la destruction des écosystèmes et l’exploitation de la nature se cache le capital, ne soyons pas dupes.

Sources

[1] Site officiel de la Convention Citoyenne sur le climat, [en ligne], 2019
[2] Voir la théorie de la rupture du lien métabolique proposée par Marx et Engels, ci-joint un article expliquant cette théorie : Pierre Charbonnier, « De l’écologie à l’écologisme de Marx : », Tracés. Revue de Sciences humaines [En ligne], 22 | 2012, URL : http://journals.openedition.org/traces/5468
[3] GIEC. Changement climatique : les évaluations du GIEC de 1990 à 1992. OMM ed., PNUE, 1992. IPCC.
[4] Robert, Anne-Cécile. “Au nom de l’urgence écologique.” Le Monde diplomatique, janvier 2020.
[5] Baïetto, Thomas. “Renouveau de la démocratie ou « régression » : que vaut vraiment la Convention citoyenne pour le climat ?” Franceinfo, 01 février 2020, http://www.francetvinfo.fr
[6] Testart, Jacques. “Quelques critiques de la convention citoyenne sur le climat.” ATTAC, 29 septembre 2020, https://france.attac.org/.
[7] Sciences Citoyennes. “La convention de citoyens.” sciencescitoyennes, mai 2016, http://www.sciencescitoyennes.org
[8] d’Allens, Gaspard. “Une lobbyiste de la pollution au cœur de la convention pour le climat.” Reporterre, Octobre 2019, http://www.reporterre.net.
[9] Berkaoui, Héléna. “Face à la Convention citoyenne pour le climat, Macron sort ses jokers.”, Mediapart, 2020. http://www.mediapart.fr
[10] Qui proposait d’ajouter : “La conciliation des droits, libertés et principes qui en résultent ne saurait compromettre la préservation de l’environnement, patrimoine commun de l’humanité.”
[11] Chaillan, Pierre. De quelle loi climat la France a-t-elle besoin ? l’Humanité, 2021.
[12] Haut Conseil pour le Climat. Avis portant sur le projet de loi Climat et Résilience. HCC, 2021, https://www.hautconseilclimat.fr
[13] Collectif Jeune pour le Climat. “Loi climat: «Nous ne sommes pas dupes».” Mediapart, Avril 2021, http://www.mediapart.fr.
[14] Pierre Charbonnier, « De l’écologie à l’écologisme de Marx : », Tracés. Revue de Sciences humaines [En ligne], 22 | 2012, URL : http://journals.openedition.org/traces/5468

8ÈME CONGRÈS DU PARTI COMMUNISTE CUBAIN: Pas un pas en arrière!

Par Hélène

Des médecins cubains reçoivent leur diplôme en 2005 à La Havane (Antonio Levi)

Contexte

En pleine pandémie mondiale et alors que les capitalistes prouvent à chaque instant qu’ils n’ont de solution que pour la conservation et l’augmentation de leurs profits, au détriment de tout, y-compris nos vies; Cuba développe 5 vaccins «maison» qui seront administrés à 70% de sa population d’ici août et permettront de venir ensuite en aide aux autres peuples dans le besoin. Chez nous, la casse des services publics et la réduction drastique du rôle de l’État orchestrées depuis des décennies a logiquement conduit vers une crise sanitaire désastreuse: «ils ont compté les sous, nous avons compté les morts». À Cuba, malgré toutes les attaques et restrictions que le pays subit des États-Unis, le socialisme a garanti depuis la Révolution de 1959 un système de santé sûr pour toutes et tous, inconditionnel, gratuit et ultra-performant, qui prouve toute son efficacité dans un moment historique comme celui que nous traversons dans la lutte face au Covid-19. C’est dans cette situation mondiale inédite que le Parti Communiste de Cuba (PCC) a tenu son 8ème Congrès, du 16 au 19 avril dernier.

Histoire et rôle

Après le triomphe de la Révolution cubaine de 1959, les forces politiques qui y avaient participé décident de s’unir. En 1961, le Mouvement Révolutionnaire du 26 juillet de Fidel Castro, la Direction Révolutionnaire du 13 mars et le Parti Socialiste Populaire (ex-Parti Communiste) donnent naissance aux Organisations Révolutionnaires Intégrées (ORI). En 1962, cette formation devient le Parti Uni de la Révolution Socialiste de Cuba (PURSC), qui prendra enfin le nom de Parti Communiste de Cuba (PCC) en 1965. Ce parti est donc né de la volonté des forces progressistes qui avaient vaincu la dictature de s’unir pour défendre et préserver les acquis de la Révolution. En mars 1974, Fidel Castro déclarait justement:

Le Parti est l’avant-garde du peuple, la sécurité du peuple, la garantie du peuple. […] L’organisation d’avant-garde est fondamentale. Savez-vous ce qui donne de la sécurité à la Révolution? Le Parti. Savez-vous ce qui donne à la Révolution sa pérennité? Le Parti. Savez-vous ce qui garantit l’avenir de la Révolution, ce qui donne vie à la Révolution, ce qui assure la destinée de la Révolution? Le Parti. Sans le Parti, la Révolution ne pourrait pas exister.

Le PCC est le parti unique et Cuba est régulièrement attaquée par nos sacro-saintes démocraties bourgeoises pour son absence de multipartisme. Mais ça n’est en aucun cas un problème. Pourquoi? D’abord, parce qu’il n’est pas dit que la démocratie soit garantie par une multitude de partis encartant à eux tous moins de 5% de la population mais cumulant à chaque élection plus de 50% d’abstention… Ensuite, parce que Cuba pratique une démocratie d’un stade plus avancé, où la population est directement et régulièrement impliquée dans les discussions et les décisions, où les élus rendent des comptes et sont révocables par leurs électeurs en cas de manquements.

Le clivage droite-gauche représente normalement l’affrontement entre les intérêts de la bourgeoisie et ceux du prolétariat; dans un pays qui a instauré le socialisme, ce clivage et le multipartisme qui l’accompagne n’ont plus lieu d’être puisqu’il n’y a plus de bourgeoisie. Le PCC défend les acquis de la Révolution et les intérêts du prolétariat, donc du peuple cubain tout entier. Ensuite, il est essentiel de comprendre que son rôle n’a rien à voir avec celui de nos partis occidentaux électoralistes; le PCC ne présente aucun candidat aux élections et nombreux sont les candidats et les élus à Cuba qui ne sont pas issus de ses rangs. Il faut lire à ce propos cet entretien concis mais très éclairant de Salim Lamrani: «Cinq questions-réponses sur les élections présidentielles à Cuba».

Le PCC est un parti d’avant-garde, traversé par des débats internes complexes et subtils qui échappent à la mauvaise foi de nos médias occidentaux, et dont le rôle est de réfléchir aux orientations de la société cubaine et de garantir la continuité du socialisme. Il se réunit donc en Congrès tous les 5 ans pour faire le point sur les erreurs à corriger et les efforts à poursuivre. Cette année, le Congrès débutait précisément au 60ème anniversaire de la proclamation du caractère socialiste de la Révolution par Fidel Castro le 16 avril 1961, juste après les obsèques des victimes des bombardements de l’attaque de la Baie des Cochons, organisée et financée par les États-Unis pour renverser la Révolution et rétablir ses intérêts économiques sur l’île, et heureusement mise en déroute par les forces cubaines.

Déroulement

Le Congrès s’est déroulé durant 4 jours au Palais des Conventions de La Havane. Du fait des mesures sanitaires dans la lutte contre le Covid-19, le nombre de délégués au Congrès a été limité à 300, proposés et élus démocratiquement par la base, et représentant plus de 700 000 militants regroupés dans environ 58 000 cellules.

Pendant près d’un an, une commission composée de représentants du PCC, du gouvernement, des organisations de masse (syndicats, union des femmes, etc), d’universitaires et de chercheurs, a travaillé assidûment à l’élaboration de documents qui ont servi de base aux travaux du Congrès. Ils donnaient notamment un bilan économique du pays pour les 5 dernières années, une évaluation des mesures mises en œuvre ces 10 dernières années pour l’actualisation du système économique, un plan national de développement économique et social à l’horizon 2030 et une mise à jour des orientations pour la prochaine période.

Les délégués ont travaillé dans diverses commissions pour évaluer les résultats économiques et sociaux du pays, l’état d’avancement de la stratégie pour la dynamisation de l’économie, le fonctionnement du parti, sa politique de cadres et ses liens avec la population. Le contexte économique, rendu de plus en plus difficile par le renforcement du blocus des États-Unis et la pandémie du coronavirus, a bien sûr été central.

De même, la question de la réunification monétaire s’est invitée au cœur des échanges. L’économie cubaine fonctionnait avec deux monnaies, une monnaie courante (le peso cubain) et une monnaie pour les échanges avec l’extérieur, pour capter des devises dans le commerce et le tourisme en particulier (le peso convertible, indexé sur le dollar). Cuba préparait depuis de nombreuses années le retour à la monnaie unique, mais la réunification monétaire a toutefois été source, bien sûr, d’importants changements dans le quotidien de la population; salaires multipliés par 4, inflation des produits courants, pénurie de produits de première nécessité, etc. De nombreux débats ont animé le Congrès à ce sujet pour initier des solutions concrètes et ne laisser personne à l’abandon.

Les délégués sont sortis du Congrès avec de nouvelles orientations et de nouveaux projets, dans la continuité des efforts déjà engagés malgré une conjoncture économique toujours difficile. Il convient de citer le renforcement de l’entreprise étatique en tant que sujet fondamental de l’économie nationale, le développement des coopératives et autres nouveaux acteurs économiques, la consolidation des acquis en matière de développement social (santé, éducation, culture…) et l’amélioration de la qualité des services de base, de la consommation et du niveau de vie, tandis que les questions touchant à la souveraineté alimentaire et énergétique et à la protection environnementale ont été transversales tout au long des débats.

Enfin, le Congrès a été l’occasion d’élire de nouveaux responsables aux commandes du PCC. Raul Castro a quitté la tête du Parti, remplacé par Miguel Diaz Canel, déjà élu à la Présidence du Conseil d’État depuis 2018 et Président de la République depuis 2019. Si les médias occidentaux ont encore pris cette nouvelle pour une énième occasion de scander avec vigueur leur tant attendue «fin du castrisme», pour les cubains il ne s’agissait rien de moins que d’une transition générationnelle inéluctable et préparée consciencieusement. Non le socialisme cubain n’est pas mort avec la chute de l’URSS, ni avec la mort de Fidel, et la retraite de Raul Castro ne l’affectera pas non plus, car, et c’est lassant de toujours devoir le répéter et l’expliquer: il ne s’agit pas d’un terrible-régime-sanguinaire-imposé-par-une-poignée-de-vieux-tyrans-barbus-en-uniforme mais bien d’une Révolution défendue par l’immense majorité d’un peuple qui s’est battu pour gagner sa souveraineté et qui continue de se battre pour la préserver face aux appétits capitalistes des grandes multinationales comme des États impérialistes.

Notons en outre que les réflexions ont été vives pour faire avancer les droits des femmes sur l’île mais aussi garantir la liberté d’orientation sexuelle et d’identité de genre, notamment avec l’appui de la Fédération des Femmes Cubaines. Le nouveau bureau politique du PCC compte 14 membres et le comité central 114, dont près de la moitié sont des femmes. Rien d’étonnant cependant quand on connaît la part occupée par les femmes dans la société cubaine et dans son système démocratique, avec 53% des sièges parlementaires occupés par des femmes en 2020, contre seulement 27% aux États-Unis et 32% dans l’Union Européenne (données de la banque mondiale).

Et après?

Le Congrès a achevé ses travaux autour d’un seul engagement: «défendre la Révolution et poursuivre, à un rythme accéléré, la construction d’un socialisme qui demande encore beaucoup d’efforts, car nous n’héritons pas d’une œuvre parachevée, mais d’une œuvre perfectible dont la poursuite est un honneur à assumer».

Afin que rien de ce qui a été décidé ne reste lettre morte, le bureau politique a produit une semaine plus tard un document résumant les idées et les orientations émanant du Congrès, qui sera fourni à tous les cadres et organisations de base du Parti et de l’Union de la Jeunesse Communiste, ainsi qu’aux dirigeants des organisations de masse et du gouvernement. Dans une logique permanente de transparence et d’échange avec la population, il sera également disponible sur les sites internet du Parti, des médias, des organisations de masse et de l’administration centrale de l’État. L’Université des sciences informatiques a également développé une application permettant de consulter le document sur smartphone.

Sources

Crise sociale et sanitaire pour les travailleurs, aubaine et profits maximum pour les capitalistes

Par Enka

Malgré la pandémie de coronavirus, qui a agi comme un catalyseur dans l’aggravation de la crise capitaliste et affecté des milliards de travailleurs, les capitalistes du monde entier ont dans le même temps continué de s’enrichir.

Tandis que la classe ouvrière mondiale doit en effet subir une exploitation grandissante, une détérioration généralisée de ses conditions de vie et de travail, une intensification de la répression, des vagues de licenciements massifs mais aussi les politiques d’austérité et de destruction des services publics, le grand capital jouit quant à lui de profits toujours plus importants.

Le classement Forbes des milliardaires 2021, publié le 6 avril dernier, est assez révélateur de la situation:

  • « Le nombre de milliardaires figurant sur la 35ème liste annuelle des plus riches du monde établie par Forbes a explosé pour atteindre le chiffre sans précédent de 2755, soit 660 de plus qu’il y a un an.
  • Parmi eux, un nombre record de 493 nouveaux arrivants ont été ajoutés à la liste, ce qui représente environ un nouveau milliardaire toutes les 17 heures en 2020.
  • 250 personnes qui avaient auparavant disparu de cette liste y sont revenues en force. Un pourcentage stupéfiant de 86% des milliardaires présents sur cette liste sont encore plus riches qu’il y a un an.
  • Jeff Bezos est l’homme le plus riche du monde pour la quatrième année consécutive, avec 177 milliards de dollars, tandis qu’Elon Musk s’est hissé à la deuxième place avec 151 milliards de dollars, grâce à l’envolée des actions Tesla et Amazon.
  • Au total, ces milliardaires concentrent 13,1 billions de dollars, contre 8 billions en 2020. » (1 billion = 1000 milliards)

Les 10 parasites les plus riches du monde sont:

  1. Jeff Bezos (Amazon), 177 milliards de dollars.
  2. Elon Must (Tesla, SpaceX), 151 milliards de dollars.
  3. Bernard Arnault (LVMH), 150 milliards de dollars.
  4. Bill Gates (Microsoft), 124 milliards de dollars.
  5. Mark Zuckerberg (Facebook), 97 milliards de dollars.
  6. Warren Buffet (Berkshire Hathaway), 96 milliards de dollars.
  7. Larry Ellison (logiciels), 93 milliards de dollars.
  8. Larry Page (Google), 91,5 milliards de dollars.
  9. Sergey Brin (Google), 89 milliards de dollars.
  10. Mukesh Ambani (divers), 84,5 milliards de dollars.

La France quant à elle est passée de 39 à 42 milliardaires entre 2019 et 2020 avec un total de 510 milliards de dollars de richesses additionnées, dont 277 milliards de dollars ont été accumulés durant l’année dernière seulement. Le Marseillais Stéphane Bancel a fait son entrée dans le tableau, se classant directement à la 23ème place. Il est à noter qu’il s’agit du PDG de Moderna Therapeutics, société américaine de biotechnologie qui a produit l’un des vaccins contre le Covid.

Ce classement confirme que, dans cette société où des milliards de travailleurs sont réduits aux impasses sociales du capitalisme, au chômage, aux salaires de misère et à la précarité, la classe bourgeoise, elle, profite une nouvelle fois de la crise pour arrondir sa fortune. Ces riches sont riches de l’exploitation de milliards d’hommes et de femmes, avec le soutien des gouvernements bourgeois à leur service.

Si l’humanité est aujourd’hui encore malade du Covid, elle l’est surtout du système capitaliste. Le virus du capitalisme est celui qui crée et perpétue l’exploitation, la pauvreté, la paupérisation, les inégalités profondes et les guerres. Pour nous en débarrasser, il est temps de nous organiser et de lutter pour un nouvel ordre social, non régi par le profit mais par les besoins sociaux de la grande majorité et dirigé par les travailleurs eux-mêmes: le socialisme.

L’accumulation de richesse à un pôle signifie donc en même temps accumulation de pauvreté, de souffrance, d’ignorance, d’abrutissement, de dégradation morale, d’esclavage au pôle opposé, du côté de la classe qui produit le capital même.

Karl Marx

L’emprisonnement de masse des Palestiniens, la torture généralisée, la violation systématique du droit international, ou la haine raciale israélienne

Les chiffres

140 enfants actuellement détenus dans les prisons israéliennes, 37 femmes, 440 personnes en détention administrative, 4450 prisonniers politiques. Ce sont les chiffres de l’emprisonnement des Palestiniens actuellement en Israël (addameer). Soumis à un régime militaire, les droits des palestiniens sont systématiquement bafoués et leur incarcération est massive. En 2015, le Comité International de la Croix Rouge estimait que plus de 850 000 Palestiniens étaient passés par la prison israélienne depuis 1967. Presque un quart de la population palestinienne – transposé à la France ce chiffre correspondrait à presque 17 millions de Français – la plupart des familles palestiniennes ont vu au moins un de leur proche passer par les geôles israéliennes.

Les méthodes

La maltraitance et la torture des prisonniers sont généralisées. On peut les classer en trois catégories. La première concerne l’arrestation: ligotages douloureux, raids nocturnes traumatisants, maltraitances et coups, y compris devant les proches. La seconde concerne les pressions exercées durant les interrogatoires: coups encore, maintien dans des positions douloureuses, privations de sommeil, privations d’eau, de nourriture, de commodités, exposition à des températures extrêmes, menaces de représailles sur des proches. La troisième est relative aux mauvais traitements en détention: violents raids nocturne dans les cellules, négligences médicales pouvant entraîner l’aggravation de maladies ou la mort, alimentation forcée en cas de grève de la faim, isolement total des détenus, transfert dans des conditions pénibles.

Une violation chronique et systématique des droits humains

Violation de l’article 14 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques: la détention administrative est une incarcération sans procès d’une durée de six mois renouvelable indéfiniment. Elle bafoue les droits humains fondamentaux et les principes les plus élémentaires de justice.

Violation de la Convention Internationale contre la Torture: les pratiques relevant de la torture sont généralisées à l’encontre des palestiniens, que ce soit au moment de l’interpellation, au moment des interrogatoires ou au cours de la détention des prisonniers.

Violation des Règles Nelson Mandela élaborées par le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme: surpopulation et insalubrité, sanitaires insuffisants, mauvaise alimentation, absence de change vestimentaire, service médical inexistant, raids menés par des militaires armés à l’intérieur des prisons, difficultés pour l’exercice du droit de visite des familles. L’emprisonnement des Palestiniens est une atteinte généralisée à la dignité humaine.

Violations de l’article 49 de la 4e convention de Genève: les prisonniers politiques sont détenus dans des prisons en Israël, loin de leur lieu de domicile, en contradiction avec les règles interdisant les déportations de population.

Violations de la Convention Internationale relative aux Droits de l’Enfant: les enfants sont considérés comme majeurs à partir de 16 ans et incarcérés dès l’age de 12 ans, ce en violation de la convention qui stipule 18 ans pour la majorité et 14 ans pour l’incarcération. Les enfants ont un accès restreint à un avocat, un accès restreint à la visite de leur famille, n’ont pas la possibilité de poursuivre leur scolarité.

Violation de l’article 33 alinéa 1 de la 4e Convention de Genève interdisant les punitions collectives: démolition des maisons de familles dont un des membres est emprisonné ou en cours de procès pour agression ou attentat présumé. Impossibilité pour les familles de récupérer les corps des proches morts en prison jusqu’à l’expiration de la peine.

Traumatiser la population palestinienne

Dans un rapport intitulé « Enfances brisées«  de mars 2006, soumis au Comité contre la Torture des Nations Unies, plusieurs ONG ont décrit les séquelles durables produites par les mauvais traitements et les incarcérations subis par les enfants palestiniens. Les enfants souffrent de troubles de stress post-traumatiques (troubles du sommeil, effroi, hyper-excitation, incontinence nocturne, perte d’intérêt, perte de concentration, angoisse, dépression, faible estime de soi, agressivité envers autrui) qui compromettent leur scolarité, leur vie future et de fait leur intégration dans la société palestinienne. Les adultes ne sont pas épargnés par ces séquelles et nombreuses sont les personnes à avoir connu l’emprisonnement qui souffrent aujourd’hui d’une faible estime de soi, qui vivent dans la peur quotidienne d’une nouvelle arrestation et, ou, qui éprouvent des difficultés relationnelles. Il apparaît ainsi que la politique consistant à emprisonner massivement les palestiniens est un des éléments de la destructuration de la société palestinienne.

Permettre la continuité de la colonisation israélienne

La raison pour laquelle le régime israélien condamne de façon aussi massive et de façon aussi traumatisante la résistance palestinienne est simple. Il s’agit de faire taire toutes les critiques politiques, de mater dans l’œuf toutes les résistances, de briser la société palestinienne et les possibilités d’organisation, et ainsi de permettre à la colonisation israélienne de se poursuivre sans contestation notable. Une colonisation qui a permis l’installation illégale de 600 000 colons israéliens en Cisjordanie, qui réclame aujourd’hui l’annexion pure et simple de larges parties de la Cisjordanie et qui a instauré une véritable situation d’apartheid des Palestiniens.

Rappelons que la colonisation de la Palestine est entreprise très tôt, dès le début du 20ème siècle, soit 50 ans avant la seconde guerre mondiale et dans le plus grand mépris des Palestiniens. Que l’épuration ethnique massive des Palestiniens, qui a vu 800 000 personnes être déplacées (Nakba), a débuté au moment du vote du plan de partage de l’ONU en 1948 et bien avant l’intervention des armées arabes. Que cette épuration ethnique s’est poursuivie en interne avant de connaître une nouvelle phase après l’agression militaire de 1967 qui a initié l’occupation et la colonisation de la Cisjordanie, poussant 300 000 palestiniens de plus à l’exode (Naksa). Que les résolutions majeures de l’ONU : 194 sur le droit au retour des réfugiés palestiniens, et 242 relative à l’occupation illégale de la Cisjordanie et au retrait des Territoires occupés, sont bafouées depuis 73 et 54 ans respectivement. Rappelons aussi que cette colonisation n’est possible que grâce au collaborationnisme des puissances impérialistes, occidentales en particulier, les États-Unis en tête, et avec le soutien de certains régimes réactionnaires arabes.

Les Palestiniens n’ont jamais été les agresseurs en leur territoire et leur résistance à l’occupation et à la colonisation est totalement légitime. Cet acharnement contre les Palestiniens ne peut se comprendre que par une action politique israélienne centrée sur des thèmes ethniques et religieux qui méprise et maltraite les Palestiniens pour ce qu’ils sont dans leur majorité: des arabes, des musulmans, les natifs de cette contrée, et vraisemblablement les descendants des israélites originels. C’est une haine raciale qui ne dit pas son nom mais qui empile les éléments à charge et qui ne recule devant aucune ignominie pour permettre l’établissement du nationalisme israélien.

Un inconditionnel soutien international

À l’occasion de la semaine internationale d’action pour les prisonniers palestiniens qui a lieu du 17 au 23 avril 2021 initiée par Samidoun, réseau international de solidarité avec les prisonniers palestiniens, il est de notre devoir de réclamer avec force la libération de tous les prisonniers palestiniens, de réclamer le respect du droit international et le droit inaliénable de résister aux oppressions, et enfin, d’exiger sans aucune compromission la fin du régime colonial, criminel, raciste et d’apartheid israélien.

Libération pour les prisonniers palestiniens !
Fin du régime colonial, raciste et d’apartheid israélien !
Boycott, Désinvestissement et Sanctions d’Israël jusqu’au respect du droit international !

QUAND L’ARMÉE DE RÉSERVE SE MUTINE: après un mois d’occupation au Fil Social – Espace Ambroise Croizat

Ceux qui ne bougent pas, ne remarquent pas leurs chaînes

Rosa Luxembourg

Depuis le 10 mars 2021, le Comité CGT des Travailleur.se.s Privé.e.s d’Emploi et Précaires de Saint-Étienne (CTPEP-CGT) et la Coordination des Intermittent.e.s Précaires de la Loire (CIP), avec de nombreux soutiens, militant.e.s organisé.e.s ou non (dont de nombreux militants des jeunes communistes de la Loire), occupent le Fil Social – Espace Ambroise Croizat situé ironiquement au 20 boulevard Thiers (42000 Saint-Étienne), renommé depuis boulevard Georges Ibrahim Abdallah. À Saint-Étienne, il n’est pas question de réouverture des lieux culturels tant que la situation sanitaire n’évolue pas. Pour les occupant.e.s et leurs soutiens, c’est l’annulation immédiate de la réforme chômage qui est l’enjeu principal car elle va entraîner une baisse drastique des allocations de 43% pour 1 million de travailleur.se.s précaires et d’intermittent.e.s de l’emploi!

Le capitalisme utilise la pandémie comme prétexte pour licencier et poursuivre sa course au profit, pour augmenter encore et toujours son taux de profit. L’augmentation du nombre de chômeur.se.s n’a qu’un seul but pour la bourgeoisie: imposer plus de précarité, afin de pouvoir ajuster leur masse salariale via des embauches avec moins – ou pas du tout – de cotisations patronales et sociales par l’autoentrepreneuriat, l’intérim, les stages, l’apprentissage… Ainsi ce renfort du taux d’exploitation permet pour la plupart des riches d’augmenter drastiquement leur fortune. D’après Forbes, le nombre de milliardaires a explosé pour atteindre le chiffre sans précédent de 2755, soit 660 de plus qu’il y a un an. Ces 2755 personnes possèdent plus de 60% de la richesse mondiale, les 8,5 milliards d’individus restants se partagent le reste. Toujours plus de travailleurs en concurrence sur le marché du travail tire vers le bas l’ensemble des conditions de vie de la classe laborieuse par les menaces de licenciement (plus importantes quand le chômage est élevé) et l’exclusion des travailleur.se.s précaires de toute activité syndicale (affaiblissement des collectifs en lutte).

C’est pourquoi la lutte des chômeur.se.s et des intermittent.e.s du spectacle est un exploit qu’il faut soutenir et amplifier. Cette armée de réserve du capitalisme, mise en place pour peser sur les salaires de l’ensemble du prolétariat, se rebelle et mène un combat dans notre intérêt à tous et toutes. Ils occupent sans interruption un lieu de culture d’où émerge de nombreuses initiatives qui pourraient être le point de départ d’un mouvement social d’ampleur. Il appartient à chacun.e de se mettre en lien avec ses organisations politiques et syndicales, ses collègues de travail, ses proches, pour tenter de créer les conditions d’un soulèvement qui porterait un contre-projet de société: avec l’investissement et le développement des services publics, la nationalisation démocratique généralisée pour les grandes entreprises, la défense et l’évolution de la sécurité sociale, l’interdiction des licenciements, etc.

Nous appelons nos camarades à rejoindre la CGT dans ce combat, à se syndiquer, à discuter de la grève, à organiser des actions, à commencer par la manifestation du vendredi 23 avril à 12h au départ du Fil Social.

J’ai conscience d’avoir toujours lutté par ma peinture en véritable révolutionnaire. Mais j’ai compris maintenant que cela même ne suffit pas ; ces années d’oppression terrible m’ont démontré que je devais non seulement combattre par mon art, mais de tout moi-même…

Picasso

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CGT Précaires Saint-Etienne
CIP 42
Occupation – Le Fil Social – Espace Ambroise Croizat